Nos objectifs

En quoi ça me concerne ?

Attentats, accueil de réfugiés, enjeux de sécurité, chômage qui persiste, entreprises en difficulté, uberisation d’une partie de l’économie, zones rurales délaissées, inégalités qui ne se cessent de se creuser… Le contexte politique actuel se focalise sur la défense d’intérêts particuliers, la remise en cause des politiques et des institutions. Il est dominé par des jeux de pouvoir, de posture et de votes stratégiques sans réelle alternative crédible.

Au même temps l’urgence climatique est là !
Les données scientifiques sont sans faille, malgré les inquiétants signaux politiques actuels suite à l’élection de Donald Trump aux Etats-Unis.  La question n’est plus s’il faut se lancer dans le chantier de la transition écologique mais comment et à quelle vitesse. En France, la transition écologique est enclenchée mais il est maintenant urgent de débattre collectivement sur comment l’accélérer et la rendre plus juste et acceptable.

La crise climatique et les injustices sociales nous imposent d’agir vite et d’une manière efficace. Elle suppose un sursaut démocratique. Elle demande des changements profonds de notre système de fiscalité (sur les revenus, le capital et la propriété), du système éducatif et de nos modes de consommation et de production.

Résoudre l’opposition récurrente entre des mesures climatiques et la question des emplois

Les politiques climatiques vont fragiliser un certain nombre de filières et ainsi détruire des emplois. Insister uniquement sur l’effet créateur net de la transition écologique ne résoudra pas l’équation entre les emplois créés et perdus et ne suffira pas à lever les freins.

Nous l’avons vu, la fermeture de la centrale de Fessenheim, promesse du candidat et du Président de la République François Hollande, cristallise un certain nombre de tensions, notamment de la part des salarié.e.s du secteur. La mise en place d’une taxe poids lourds à l’échelle nationale a été empêchée par la mobilisation du secteur agricole et des transporteurs routiers. Plus récemment encore, le gouvernement a supprimé l’amendement prévu pour le projet de loi de finances rectificative qui visait à supprimer l’exonération de TICC dont bénéficient les centrales électriques au charbon, sous la pression des salarié.e.s. Ces annonces de politiques écologiques n’étaient pas accompagnées de mesures de reconversion adéquates.  Et les délais de mise en œuvre ne permettaient pas de construire au moins un début de réflexion pour un projet alternatif. Dans ces circonstances, ces oppositions sont compréhensibles.

La transition écologique ne sera désirable que si elle participe d’un véritable projet de société qui prend en compte les besoins spécifiques des salariés.e. s dans des secteurs fragilisés et les familles qui croulent sous des factures énergétiques.

Même si la loi sur la transition écologique souligne à plusieurs reprises le lien important entre des politiques de la transition écologique et la question des emplois, les actions en faveur de la lutte contre les changements climatiques sont encore trop souvent perçues comme contradictoires avec un objectif de création d’emplois et de justice sociale.

Résoudre ces oppositions est la condition nécessaire pour que la transition devienne une aspiration forte et prioritaire de la société.

Lier transitions “sociale et écologique” pendant la campagne électorale 2017

Face à la tentation de “repli sur soi collectif”, il faut proposer des possibilités d’agir à la fois sur les questions écologiques et sociales – notamment dans le cadre la campagne électorale 2017 mais aussi au-delà !

Cette création d’emplois est à la fois souhaitable pour accélérer les politiques de la transition écologique et faisable car il y a des options disponibles pour assurer leur financement.

7 mesures et orientations sont à prendre et à engager dès 2017 pour rendre cet objectif opérationnel

1) Créer 250 000 emplois à financement essentiellement public, de bonne qualité et de bons statuts (temps plein, longue durée), labellisés « transition écologique ». Il s’agit de postes dans des activités essentielles pour la transition écologique (comme les filières locales de réparation) dont la rentabilité purement économique n’est à court terme pas assurée.

2) Créer 100 000 emplois « transition écologique » dans le service public. Le besoin d’agents de la fonction publique à l’échelle nationale et locale pour la mise en œuvre des politiques de la transition écologique juste est important.

3) Investir dans les secteurs privés de la transition écologique pour créer 650 000 emplois. Il s’agit de réorienter l’argent investi dans les secteurs polluants vers les activités de la transition écologique et renforcer ces flux financiers.

4) Résoudre l’opposition entre protection du climat et perte d’emplois dans les secteurs fragilisés par une reconversion qui doit être anticipée et territorialisée et une offre de formation adaptée. Pour réussir une transition écologique juste il faut résoudre l’équation entre emplois détruits et créés. L’objectif doit être « zéro chômeur/chômeuse écologique ».

5) Assurer la qualité et la protection sociale des emplois de la transition écologique juste. Les emplois de la transition écologique doivent assurer un revenu et des conditions de travail décents et être inscrits dans un cadre d’activité pérenne.

6) Lancer des changements structurels pour adapter les emplois au cadre de la transition écologique. Pour anticiper des changements structurels économiques, sociaux, numériques et écologiques il est nécessaire de lancer des expérimentations qui visent à développer de nouvelles formes d’emplois de qualité et de rémunération décente.

7) Conditionner les dispositifs de soutien au secteur privé à la création d’emplois de qualité en particulier dans des secteurs de la transition écologique. Pour accélérer la transformation des modes de production et des orientations stratégiques des entreprises il faut que les dispositifs d’aide soient en phase avec les principes de la transition écologique juste et liées à des critères précis en termes d’emplois créés et d’amélioration environnementale.

Il est temps de mettre le curseur de l’action politique sur un futur écologiquement et socialement souhaitable !

Vers une mobilisation des salariés, des citoyens et des territoires

Cette campagne ne s’adresse cependant pas qu’aux partis politiques et candidat-es à la présidentielle. C’est notamment à l’échelle locale que la transition écologique devient la plus concrète avec le déploiement et la multiplication des milliers d’initiatives.

Les citoyen-es, les structures locales – associatives et syndicales – et les collectivités sont des acteurs incontournables pour réussir la mise en œuvre de la transition écologique.

C’est aussi à cette échelle territoriale qu’il faut débattre des emplois de la transition écologique, des besoins de reconversion et des offres de formation pour créer des passerelles entre les emplois créés et détruits.