Notre rapport

Ce rapport montre qu’une transition écologique riche en emplois de bonne qualité est possible et finançable.

 

 

Notre proposition : créer un million d’emplois climat nets en quatre ans

Elle est déclinée par secteurs d’activité et mise en relation avec des besoins financiers pour créer ces emplois additionnels.

Les dépenses et investissements publics et privés nécessaires pour réussir ce pari se chiffrent à 105 Md€ par an en rythme de croisière. Comme nous le démontrons dans le dernier chapitre du rapport ce n’est ni l’activité, ni l’argent qui manquent mais la volonté politique !

La longue liste des niches fiscales défavorables à la transition écologique et la perte de recettes due à la fraude et à l’évasion fiscale sont les gisements qu’il faut exploiter pour la financer en complément de la nécessaire reprise en main du crédit. Il met en évidence que les opérations de reconversion industrielle peuvent aboutir à autre chose que des délocalisations ou des effets agissant au détriment des salarié.e. s actuellement en poste.

Nous  appelons  donc  dès  maintenant  à  des  investissements  publics  et  des  politiques  orientant les secteurs privés et la formation vers la création d’un million d’emplois additionnels dans des secteurs  que  nous  considérons  cruciaux  :  énergies  renouvelables,  rénovation  des  bâtiments, auto-rénovation  accompagnée,  identification  et accompagnement  des  ménages  en  précarité énergétique,  agro-écologie,  infrastructures  de  transport  durable,  recyclage,  réparation  et  réutilisation, accompagnement des PME/TPE et des collectivités dans l’application des politiques de la transition écologique, éducation aux enjeux de la transition écologique, adaptation aux effets du réchauffement climatique, etc.

De tels investissements, possibles et finançables, permettront d’accélérer la transition écologique, de l’inscrire dans les territoires, de développer des filières du futur et de créer des nouvelles activités. Au-delà des emplois directement liés à la transition écologique, il est nécessaire de répondre aux besoins d’activités de services en lien avec la qualité de vie individuelle et collective qui sous-tend la transition écologique et qui sont génératrices d’emploi.

7 mesures et orientations  à prendre et à engager dès 2017

1) Créer 250 000 emplois à financement essentiellement public, de bonne qualité et de bons statuts (temps plein, longue durée), labellisés « transition écologique ». Il s’agit de postes dans des activités essentielles pour la transition écologique (comme les filières locales de réparation) dont la rentabilité purement économique n’est à court terme pas assurée.

2) Créer 100 000 emplois « transition écologique » dans le service public. Le besoin d’agents de la fonction publique à l’échelle nationale et locale pour la mise en œuvre des politiques de la transition écologique juste est important.

3) Investir dans les secteurs privés de la transition écologique pour créer 650 000 emplois. Il s’agit de réorienter l’argent investi dans les secteurs polluants vers les activités de la transition écologique et renforcer ces flux financiers.

4) Résoudre l’opposition entre protection du climat et perte d’emplois dans les secteurs fragilisés par une reconversion qui doit être anticipée et territorialisée et une offre de formation adaptée. Pour réussir une transition écologique juste il faut résoudre l’équation entre emplois détruits et créés. L’objectif doit être « zéro chômeur/chômeuse écologique ».

5) Assurer la qualité et la protection sociale des emplois de la transition écologique juste. Les emplois de la transition écologique doivent assurer un revenu et des conditions de travail décents et être inscrits dans un cadre d’activité pérenne.

6) Lancer des changements structurels pour adapter les emplois au cadre de la transition écologique. Pour anticiper des changements structurels économiques, sociaux, numériques et écologiques il est nécessaire de lancer des expérimentations qui visent à développer de nouvelles formes d’emplois de qualité et de rémunération décente.

7) Conditionner les dispositifs de soutien au secteur privé à la création d’emplois de qualité en particulier dans des secteurs de la transition écologique. Pour accélérer la transformation des modes de production et des orientations stratégiques des entreprises il faut que les dispositifs d’aide soient en phase avec les principes de la transition écologique juste et liées à des critères précis en termes d’emplois créés et d’amélioration environnementale.

Méthodologie utilisée pour estimer le nombre d’emplois à créer dans les différents secteurs

Nous proposons la création nette d’un million d’emplois « climat » en 2020. Nous nous appuyons sur les analyses de Philippe Quirion pour d’une part estimer le nombre d’emplois détruits en 2020 dans les secteurs impacts (soit moins 446 000 emplois) basé sur la trajectoire du scénario négaWatt et pour avoir une estimation des activités sectorielles qu’il faut stimuler pour arriver à la création d’emplois nette d’un million.

Dans cette étude, chaque branche d’activité se caractérise par un contenu en émissions de gaz à effet de serre et un nombre d’emplois spécifiques nécessaires à la production générée par un million d’€ de demande finale adressée à cette même branche. Sur la base de l’évaluation menée par Philippe Quirion, nous proposons de cibler les secteurs d’activités présentés dans le tableau ci-dessous.

Il s’agit d’une approche macro-économique qui se base sur l’utilisation des tableaux entrées-sorties qui peut donc sur ou sous-estimer la réalité du terrain constatée par des acteurs des différentes branches. Ce choix méthodologique représente cependant l’avantage d’être harmonisé sur la totalité des secteurs pris en compte pour ce calcul.

Nous considérons que cette évaluation permet de s’exprimer sur des ordres de grandeur par contre il y a un besoin d’analyses plus détaillées à l’échelle de chaque secteur d’activité pour mettre en lumière les particularités et différences.